BORANN – 20 ANS

En 1992, une amie et moi avions décidé de créer une association de danse classique Cambodgienne. Notre ambition était de faire découvrir cet art à tous les publics.
Nous voulons transmettre notre passion. Grâce à nos jeunes expériences et au savoir faire de ma sœur Lina, Borann a vu le jour en octobre 1992…

Je me souviens de nos premiers cours dans la cave de notre tour du 13ème arrondissement de Paris. Les élèves étaient là, l’émotion aussi. Les plus jeunes avaient 5 ans, les aînées 18 ans, et les plus âgées étaient leurs mamans ! Les années ont passé, une autre génération, les nièces, les tantes nous ont rejoint. Je me souviens de ce petit bout chou arrivé du Cambodge et qui ne parlait pas bien le français. Il y avait aussi une petite thaïlandaise, une laotienne et même une barang !

Borann c’est hétéroclite ! Nous avons tenu notre pari. Celui de faire connaître cet art séculaire si souvent représenté sur les temples d’Angkor :
Nous avons dansé à travers toute la France, Bretagne, Marseille, Limoges, Paris, et sa région, mais aussi en Allemagne. Nous avons même dansé devant Mme Mitterrand au Palais de Chaillot, à l’UNESCO, devant le roi actuel du Cambodge Son Altesse Norodom Sihamoni !
Je me souviens encore, c’était le trac pour certaines d’entre nous, jusqu’à renoncer à monter sur scène à quelques minutes du spectacle. Je me souviens de ces moments sur scène où nos cœurs battaient tous ensemble, de ces petits oublis qui nous faisaient bien rire avec le recul.

20 ans de souvenirs, de rires, de complicité avec les danseuses. Des liens très forts se sont créés et pour moi, Borann c’est ça, avant c’est avant tout cet esprit familial qu’on a développé. C’est le partage, c’est le plaisir de danser ensemble, de se retrouver après un spectacle, de partager un goûter, un repas ensemble. Comme dans toute famille, il y a eu de bons moments et d’autres moins bons. Des blessures qu’on ne comprend pas toujours et qu’on essaie d’oublier.

Aujourd’hui Borann a 20 ans, celles qui étaient au tout début sont toujours là pour soutenir l’association. Celles qui nous ont rejoint me rendent fière de nos actions et m’encouragent à continuer. J’espère susciter des vocations et je sais que la relève sera assurée.

Pour toutes ces années d’existence, je voudrais remercier mes maîtres de l’URBA, Sam Sathia, Chomari et  ma sœur Lina, qui m’ont transmis cette passion. Merci aussi aux élèves et à leurs parents.

Isabelle Villaréal, Présidente